lundi 31 décembre 2012

Quel membre de la famille royale a été le plus actif en 2012?

1° Prince Philippe :  267 activités officielles
Le prince Philippe a été le membre le plus actif de la famille royale en 2012 (il était deuxième derrière le Roi en 2011 avec 220 activités officielles). Année réussie pour le duc de Brabant, comme le soulignait il y a quelques jours le journaliste Pierre Nizet, spécialiste de la monarchie pour les quotidiens du groupe Sud Presse :

"Le prince Philippe a vécu une année sans erreur. Cela n'a pas souvent été le cas, par le passé. On se souvient de sa sortie sur le Vlaams Belang il y a quelques années. Ce genre de réflexion visant le nord du pays, il le laisse désormais à son père qui a tiré à boulets rouges sur la NVA. Par rapport à 2011, le prince héritier a perdu...sa barbe. Selon certains, il trouvait que cela le vieillissait un peu trop. C'est que Philippe va sur ses 53 ans : ce n'est pas encore l'âge de la prépension mais il commence à compter. Un âge où il pourrait espérer être roi, mais son père Albert II ne semble pas prêt d'abdiquer, en dépit des rumeurs qui reviennent tous les six mois. Le prince Philippe a expliqué qu'il serait prêt, le jour où il le faudrait. En attendant, il continue son métier de globe-trotter : son dernier voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande, à la tête d'une délégation de chefs d'entreprise et de recteurs d'universités, a une nouvelle fois montré son importance. Le prince connaît son sujet sur le bout des ongles et il ouvre des portes ; c'est sûr. Cette année, on l'a plaint aussi. Dans le livre "Questions Royales" de Frédéric Deborsu, il a été dépeint d'une manière féroce. On a dit de lui qu'il ne touchait pas sa femme, qu'il avait eu une amitié intense avec un homme, que ses enfants avaient été conçus dans la clinique où on pratique la fécondation in vitro. Franchement, on n'aurait vraiment pas aimé être à sa place lors de la parution de ce brûlot! Sans doute ébranlé, Philippe n'a pipé mot, préférant se donner à fond au travail. Cette année 2012, il s'est surpassé". Pierre Nizet (Sud Presse)

2° Princesse Mathilde :  196 activités officielles
Comme son époux, la princesse Mathilde a été plus active en 2012 : elle passe de la troisième à la deuxième place de notre classement avec 196 activités officielles (contre 166 en 2011). La princesse fêtera son 40ème anniversaire dans quelques semaines.

3° Roi :  54 activités officielles + 134 audiences
Si son nombre d'activités officielles reste stable par rapport à l'an dernier (50 en 2011 et 54 en 2012), le Roi a profité de la fin de la crise politique pour lever le pied au niveau de ses audiences :  145 en 2009, 197 en 2010, 181 en 2011 et 134 en 2012. Pas de voyage d'Etat à l'étranger au cours de l'année écoulée, et le Roi s'est fait représenter par le prince Philippe aux 50 ans de l'indépendance du Burundi.

4° Reine Paola :  67 activités officielles
Pour la première fois depuis le début de ce classement, la reine Paola passe de la cinquième à la quatrième place au détriment de sa fille la princesse Astrid. Son nombre d'activités officielles reste semblable à celui de l'an dernier : 70 en 2011 et 67 en 2012. Pas de voyage d'Etat à l'étranger.

5° Princesse Astrid :  63 activités officielles
C'est la grande surprise de ce classement : la princesse Astrid a été beaucoup moins active cette année, manquant même pour la première fois le concert de Noël au palais royal. Passe-t-elle plus de temps auprès de ses enfants à l'étranger (Amedeo aux Etats-Unis, Maria-Laura en Chine, Joachim en Italie et Luisa-Maria en Grande-Bretagne)? Le Palais n'a donné aucune explication. Avec 63 activités officielles (contre 90 en 2011), elle perd la quatrième place qu'elle occupait chaque année depuis le début de ce classement.

6° et 7° : Prince Laurent (35 activités officielles) et princesse Claire (30 activités officielles)
Stabilité pour le couple princier.
Laurent :  30 activités officielles en 2009, 40 en 2010, 31 en 2011 et 35 en 2012.
Claire :  30 activités officielles en 2009, 41 en 2010, 23 en 2011 et 30 en 2012.

8° Prince Lorenz :  28 activités officielles
Seul membre de la famille royale à travailler à temps plein dans une banque, le prince Lorenz continue d'honorer ses activités officielles :  23 activités officielles en 2009, 18 en 2010, 30 en 2011 et 28 en 2012.

9° Reine Fabiola :  23 activités officielles
Malgré son état de santé, la reine Fabiola a été plus active que les années précédentes (notamment lors du Concours Musical Reine Elisabeth) :  16 activités officielles en 2009, 21 en 2010, 19 en 2011 et 23 en 2012.

                                          Meilleurs voeux à tous pour l'année 2013!

lundi 24 décembre 2012

Activités royales en décembre 2012

6 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 2 fois) et les ambassadeurs de Myanmar, Azerbaïdjan, Australie et Italie.

4 activités officielles pour le Roi :  visite de l'exposition sur la reine Marie-José, visite du journal "Le Soir", visite de l'exposition sur Constant Permeke, et 10ème anniversaire du SPP Intégration Sociale.

8 activités officielles pour la reine Paola :  lancement de l'Alliance Mondiale contre les abus sexuels d'enfants par Internet, visite de l'exposition sur la reine Marie-José, concert de Noël de la Fondation Reine Paola, visite du journal "Le Soir", hommage au Sénat aux Femmes de Paix 2012, visite de l'exposition sur Constant Permeke, commémoration de la fusillade du 13/12/11 à Liège, et concert de Noël au palais royal.

1 activité officielle pour la reine Fabiola :  concert de Noël au palais royal.

12 activités officielles pour le prince Philippe :  visite du projet social Switch à Assebroek, journée de rencontre enseignement supérieur organisée par le Fonds Prince Philippe, remise de la Coupe du Roi 2012, soirée en l'honneur de Kim Clijsters à Anvers, remise du Trophée National du Mérite Sportif 2012, sommet Brussels Sustainable Development Summit, concert de Noël au palais royal, remise du prix Belgodyssée 2012, visite du centre provincial d'enseignement secondaire à Jodoigne, visite d'un élevage porcin à Piétrain, visite de la nouvelle caserne de pompiers de Jodoigne, et réception au château Pastur.

16 activités officielles pour la princesse Mathilde :  journée nationale Info-Familles de la Défense, conférence "Children's Rights and Business Principles", soirée en l'honneur de Kim Clijsters à Anvers, visite du service d'oncologie gynécologique à l'UZ Leuven, rencontre avec des jeunes participant au Network for Training Entrepreneurship Belgium, concert de Noël au palais royal, visite du centre provincial d'enseignement secondaire à Jodoigne, visite d'un élevage porcin à Piétrain, visite de la nouvelle caserne de pompiers de Jodoigne, réception au château Pastur + 6 activités officielles lors de son voyage en Haïti avec Unicef-Belgique (rencontre avec les 2 jeunes Haïtiens qui avaient fait un tour d'Europe pour parler des problèmes d'Haïti, visite d'une école semi-permanente construite par l'Unicef à Frechou, visite d'un centre de nutrition d'un camp de déplacés de Port-au-Prince, visite de la clinique gratuite Gheskio du docteur Pape, rencontre avec le premier ministre de Haïti, visite de la Maison de l'Espoir pour jeunes filles).

2 activités officielles pour la princesse Astrid :  visite du laboratoire Cyclotron de l'Université de Liège, et 80ème anniversaire de Caritas Belgique.

0 activité officielle pour le prince Lorenz

4 activités officielles pour le prince Laurent :  lancement du "Plan Froid" de la Fondation Prince Laurent à la gare Centrale à Bruxelles, gala au profit de l'asbl 30+30, inauguration du nouveau dispensaire de la Fondation Prince Laurent à Gand, et concert de Noël au palais royal.

2 activités officielles pour la princesse Claire :  gala au profit de l'asbl 30+30 et concert de Noël au palais royal.

Rendez-vous la semaine prochaine pour le classement final de 2012 et les analyses...

lundi 17 décembre 2012

Le combat de la princesse Mathilde pour la protection de l'enfance

La princesse Mathilde commence son combat en faveur de l'enfance quelques semaines après son mariage : le 8 février 2000, elle reçoit en audience Lieve Stappers, directrice du centre Child Focus pour enfants disparus et sexuellement exploités. Lors de son premier voyage officiel à l'étranger en avril 2000, elle visite l'hôpital pour enfants de Great Ormond Street à Londres qui était très cher au coeur de feue la princesse Diana. En novembre, Philippe et Mathilde accueillent sur la place des Palais les participants à une marche en faveur de la protection des enfants.

Durant le voyage d'Etat de la famille royale suédoise en mai 2001, les ducs de Brabant accompagnent la princesse héritière Viktoria au centre Child Focus, où ils rencontrent Jean-Denis Lejeune, le papa de la petite Julie enlevée avec son amie Mélissa en 1995 à Grâce-Hollogne. En septembre 2001, le prince Philippe, la princesse Mathilde et le chanteur Helmut Lotti (ambassadeur bénévole d'Unicef-Belgique) assistent à la remise à Bruxelles des résultats d'une campagne de pétitions de l'Unicef dans la perspective de la séance extraordinaire des Nations Unies en faveur de l'enfance. Prévue fin septembre, elle est annulée suite aux attentats du 11 septembre et reportée à 2002.

La princesse préside la délégation belge lors de ce 2ème Sommet Mondial de l'Enfance, organisé à New York par les Nations Unies du 8 au 10 mai 2002. Elle est accompagnée notamment du ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, du ministre de l'Enfance en communauté française Jean-Marc Nollet, des sénatrices Nathalie de T'Serclaes et Sabine de Bethune, ainsi que par des jeunes Belges participant au projet "What do you think?" d'Unicef-Belgique.

Durant son séjour à New York, Mathilde prend plusieurs fois la parole et déclare notamment :  "A chaque rencontre que j'ai avec des enfants, en Belgique ou de par le monde, je m'aperçois qu'un enfant ne demande pas beaucoup pour être heureux. Et que très peu est nécessaire pour les rendre heureux. Mais même ce très peu, on ne leur donne pas toujours.

Notre société attache beaucoup d'importance à la productivité. Elle a souvent moins de patience pour ceux qui ne sont pas productifs : les enfants et les personnes âgées. Pour les enfants, s'y ajoute encore une autre condition : ils sont innocents, sans voix, sans pouvoir de décision, on les écoute peu, leurs opinions ne comptent pas pour grand'chose. Et pourtant, quand on les écoute bien, ils ont beaucoup à dire. Malgré leur situation parfois difficile, les enfants veulent presque toujours faire passer un message positif. Ils cherchent de façon positive à être considérés comme acteurs dans notre société. Ils veulent participer aux changements qui les concernent directement. Ils veulent tout simplement être pris au sérieux.

Ce qui me semble important, c'est que l'enfant puisse être respecté pour ce qu'il est :  un sujet de droit et qui a des droits. Les droits de l'enfant constituent une progression, un raffinement des droits de l'homme universels. Ces droits, il faut les promouvoir et les protéger. Les enfants sont une valeur pour la société, tout comme la famille et l'affection qu'ils y trouvent est une valeur pour les enfants. Mais nous, qui façonnons la société, nous avons le devoir de bien accompagner l'insertion des enfants dans cette société. C'est un devoir qui incombe en premier lieu aux parents, à la famille. Ensuite à nos dirigeants, aux responsables politiques et sociétaux. Mais c'est aussi le rôle fondamental de l'éducation".

Mêmes idées dans un autre discours prononcé à New York :  "A travers mon expérience avec des enfants vulnérables, je m'aperçois de plus en plus combien l'éducation joue un rôle fondamental. Et j'entends ici éducation dans le sens le plus large, non seulement à l'école mais aussi, et surtout, à travers les parents, la famille, l'environnement social de l'enfant. Mais en ce qui me concerne, je voudrais souligner ici combien je trouve important le rôle que joue la famille pour d'une part permettre à l'enfant de vivre pleinement son enfance et d'autre part contribuer à son épanouissement et à son développement affectif. Mais le rôle le plus fondamental des parents et de la famille, me semble être celui d'accompagner et de stimuler la progression d'un enfant vers un être humain autonome, responsable, ouvert sur le monde et respectueux d'autrui".

De retour en Belgique, la princesse Mathilde assiste au Sénat à un débriefing de la session spéciale des Nations Unies sur l'enfance. A l'occasion du 50ème anniversaire d'Unicef-Belgique, elle participe à Bastogne en septembre à la Journée des Volontaires de l'Unicef. En décembre 2002, elle rencontre les jeunes participants à la conférence "Enfants, acteurs de changement", organisée par Unicef.

Le 5 juin 2003, Mathilde reçoit en audience Kay Labate, la présidente de "Europe's Children - Our Concern". En décembre, la princesse est l'invitée d'honneur de la 11ème Nuit Internationale de l'Enfance au château de Versailles au profit de la Fondation pour l'Enfance (créée par Anne-Aymone Giscard d'Estaing, ancienne Première Dame de France), puis visite la consultation de nourissons de l'O.N.E. au centre "Le Bon Lait" à Ixelles qui fête son centième anniversaire. Cette institution offre à des enfants d'âge préscolaire de plus de 40 nationalités différentes un accès à la médecine préventive, à l'éducation, à la santé et à l'aide aux familles. Par sa visite, la princesse souhaite souligner l'importance d'un bon suivi des nouveaux-nés.

Une table ronde sur l'enlèvement parental a lieu le 31 mars 2004 au palais d'Egmont. Mathilde y écoute le témmoignage de mères d'enfants enlevés, ainsi que les consuls belges à l'étranger qui sont chargés de trouver une solution acceptable pour les deux parents. En octobre, elle assiste à Bruxelles au lancement de la campagne "L'école, mon droit!" d'Unicef-Belgique qui a pour objectif de scolariser 150.000 enfants au Congo, au Niger et en Roumanie. Un mois plus tard, elle visite l'exposition "L'école, mon droit" aux Halles Saint-Géry. En décembre, la princesse participe à la conférence internationale "Child Abuse and Neglect" à Louvain, et se rend à Copenhague au Danemark pour découvrir l'entrepôt d'approvisionnement central de l'Unicef.

En mai 2005, Mathilde asssite à une réunion de travail au centre SOS Enfants pour enfants abusés et maltraités à Anvers (en 25 ans d'existence, il a traité 30.000 dossiers) et à la remise du titre de docteur honoris causa de l'Université d'Anvers à l'Unicef mondial.

Au cours de l'année 2006, elle préside une nouvelle table ronde à Bruxelles sur la maltraitance d'enfants, elle visite l'asbl De Stobbe (centre d'hébergement pour familles victimes de violence familiale) et elle assiste à Anvers à la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants.

En février 2007, la princesse reçoit en audience Soeur Jeanne Devos qu'elle avait déjà rencontrée lors d'une mission économique en Inde. Celle-ci était revenue en Belgique pour la création par la KUL du Fonds Jeanne Devos pour les droits des enfants. Il aura pour but d'accueillir des enfants victimes d'esclavage. En septembre, elle rencontre dans le domaine de Laeken les associations travaillant pour l'enfance invitées par la reine Paola à l'occasion de son 70ème anniversaire.

Trois activités officielles sur ce sujet sont à son agenda de 2008 :  rencontre avec la vice-directrice exécutive d'Unicef Hilde F. Johnson,  réunion de travail à Bertrix avec l'asbl SOS Enfants, et journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants organisée à Anvers par l'asbl De Stobbe que la princesse avait visitée deux ans plus tôt.

En 2009, Mathilde visite l'asbl Notre Abri à Uccle (qui accueille une cinquantaine d'enfants de 0 à 6 ans, victimes de malveillance, maltraitance ou de carences affectives profondes), assiste à une rencontre organisée par Plan Belgique sur le thème "La violence quotidienne à l'égard des enfants dans les pays en développement", devient présidente d'honneur d'Unicef-Belgique, et célèbre avec les princesses Astrid et Claire le 20ème anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant organisé par le commissaire flamand aux droits de l'enfant Bruno Vanobbergen et le délégué général aux droits de l'enfant en communauté française Bernard De Vos.

La princesse prononce le discours suivant :   "Lorsqu'Unicef-Belgique m'a invitée à la célébration du 20ème anniversaire de la convention relative aux droits de l'enfant, j'ai accepté avec plaisir. Il s'agit d'ailleurs d'un moment symbolique :  c'est en effet la première fois que je prends la parole en tant que présidente d'honneur d'Unicef-Belgique sur les droits de l'enfant et la participation des enfants. La mise en place de la convention relative aux droits de l'enfant doit être vue comme une étape décisive dans l'histoire du bien-être de l'enfant. Le 20 novembre 1989, les Nations Unies adoptaient la convention relative aux droits de l'enfant. Sa genèse n'a pourtant pas été évidente. Depuis, cette convention est devenue un instrument quasi universellement reconnu. Elle donne de la visibilité aux enfants et les reconnaît comme porteurs de droits.

Les enfants peuvent prendre leurs responsabilités pour les choses qui les concernent directement. Et c'est précisément ce qui se passe aujourd'hui avec la présentation du deuxième rapport relatif à l'enfance et à la jeunesse :  les enfants ont eu l'occasion d'exprimer leurs problèmes, leurs convictions et leurs souhaits à propos de sujets qui leur tiennent à coeur. Le résultat final est à la hauteur des attentes.

Il est important que les enfants soient entendus et que les adultes les écoutent pour que leur opinion soit prise en compte. Il est important de montrer que les adultes les prennent au sérieux et que les enfants et les jeunes ont leur mot à dire dans le façonnement de leur propre milieu de vie. Les enfants ont droit à un environnement social stimulant qui les aide à se respecter et à développer des capacités sociales. Toutefois, cela ne signifie pas que les enfants peuvent toujours faire ce qui leur plaît. Les enfants doivent apprendre à collaborer, en accord avec leurs parents et leurs enseignants. Ils doivent apprendre à devenir des citoyens responsables au sein de la société. C'est un processus d'apprentissage important. Aussi bien les adultes que les enfants doivent parfois adapter leur pensée pour rapprocher encore plus leurs points de vue.

La convention relative aux droits de l'enfant représente aussi un progrès indéniable pour des millions d'enfants à travers le monde :  le nombre d'enfants scolarisés a augmenté, la mortalité infantile a diminué dans le monde, de plus en plus d'enfants ont accès à de meilleurs soins de santé et à une eau pure. En outre, ils reçoivent une protection particulière pendant les conflits et en situation d'urgence.

Au cours des 20 dernières années, des résultats impressionnants ont donc été obtenus. Ce ne sont cependant pas les défis qui manquent dans l'application de la convention. Aujourd'hui encore, 24.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour des suites de maladies et de privations. Même dans notre pays, les enfants et les jeunes n'ont pas toujours la vie facile et il est donc important d'être à l'écoute de leurs préoccupations, de leurs questions et de leurs propositions. L'opinion des enfants vulnérables dans notre société doit continuer à retenir notre attention particulière".

En 2010, la princesse visite l'asbl SOS Villages d'Enfants (à qui elle accorde son Haut Patronage) en province de Luxembourg, et participe à une table ronde à Liège sur la maltraitance des enfants avec les équipes liégeoises de SOS Famille et de l'O.N.E., à la conférence européenne sur la pauvreté des enfants (co-organisée par Unicef-Belgique), à une réunion du groupe intergouvernemental permanent Europe de l'Enfance, au colloque "La parole aux enfants" et à la conférence "Les enfants vulnérables en situation d'errance : un défi européen" organisée par la reine Paola au palais royal de Bruxelles.

En décembre 2012, Mathilde se rend trois jours en Haïti pour y découvrir les projets d'Unicef-Belgique. Elle accepte de répondre aux questions de la presse :

"Madame, s'il y a une seule image que vous conserverez d'Haïti, quelle serait-elle?
- Quelque chose qui m'a énormément frappée, c'est que toutes les personnes que j'ai rencontrées étaient souriantes, positives. Elles ne baissaient pas les bras, ne se plaignaient pas. Elles nous ont appris l'humilité, la modestie. J'ai aussi été frappée par le regard des gens. J'y ai senti de la souffrance.

- Comment vous préparez-vous à ce type de mission?
- Peut-on vraiment se préparer psychologiquement? Théoriquement, oui. J'ai rencontré le président d'Haïti et le responsable d'Unicef-Haïti à Bruxelles, j'ai lu beaucoup de livres, j'ai regardé des reportages...mais rien ne vaut la réalité du terrain. Il est difficile de s'y préparer. En tant que mère, j'ai reçu beaucoup d'émotions en voyant ces enfants qui partent déjà avec une faiblesse dans la vie. Dans l'école de mes propres enfants, ils font un projet sur Haïti. Le but est d'aider à la construction d'une école au nord-est de l'île, dans un endroit perdu. J'ai acheté des peintures haïtiennes que je leur montrerai. Si l'école me le demande, je suis prête à y donner un exposé en classe.

- Votre rôle de princesse est-il de montrer ce qui ne va pas dans le monde?
- Cette tâche, je l'ai commencée bien avant que je ne sois princesse. A 18 ans, j'ai passé six semaines dans un projet humanitaire en Egypte. C'était ma première expérience. Il est important que je puisse mettre ma fonction de princesse au profit d'organisations comme Unicef-Belgique".



lundi 10 décembre 2012

L'année 2012 de la princesse Léa de Belgique

Il y a un an, je vous avais raconté la vie de la charmante princesse Léa de Belgique à l'occasion de son 60ème anniversaire :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/11/les-60-ans-de-la-princesse-lea-de.html .

Et en 2012 ?

En février, comme c'est le cas depuis 2010, les princesses Léa et Marie-Esméralda étaient aux côtés de toute la famille royale belge pour la traditionnelle messe en l'église Notre-Dame de Laeken à la mémoire des défunts de la dynastie.

Le Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre a organisé son traditionnel dîner de bienfaisance placé cette année sous la couleur du mauve au palais provincial de Bruges avec le comte Henri et la comtesse Michaela de Paris comme invités d'honneur. Le lendemain, le comte inaugurait son exposition d'aquarelles et encres de chine à la galerie Pieters à Knokke-Heist en présence de la princesse Léa. Une partie des bénéfices de la vente des oeuvres et des catalogues a été versée au Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre qui, en 2012, a soutenu financièrement des associations belges s'occupant de personnes atteintes de schizophrénie.

Outre le Fonds d'Entraide, la princesse Léa soutient de nombreuses autres associations tout au long de l'année, en particulier l'asbl La Maraude à Bruxelles où elle se rend régulièrement comme bénévole pour servir de la soupe à des personnes défavorisées. Elle effectue aussi des visites de terrain en province, comme le 27 mars 2012 où elle s'est rendue à Comines-Warneton (province de Hainaut) :  http://probelgicahainaut.blogspot.be/2012/04/visite-de-la-princesse-lea-comines.html . Elle a également vendu aux enchères la pipe et la bague à tabac du prince Alexandre au profit de l'opération Télévie 2012 en faveur de la leucémie (vendu un peu plus de 2.000 euros). A l'étranger, la princesse ne manque jamais les dîners de gala de la Nuit des Neiges en Suisse et de l'association fondée par le cancérologue français David Khayat.

En dehors du domaine social, la princesse Léa a assisté à d'autres événements en 2012, comme l'inauguration de l'exposition d'amaryllis au château de Beloeil, le défilé du couturier Edouard Vermeulen au château de Westerlo, la Foire Agricole de Libramont, l'avant-première du documentaire sur sa belle-mère la princesse Lilian, le vernissage de l'exposition consacrée à la reine Marie-José d'Italie, etc.

Cet été, elle a accordé une longue interview aux journalistes Emmanuelle Jowa ("Paris Match Belgique") et Christian Laporte ("La Libre Belgique") pour leur présenter le premier Prix Littéraire Prince Alexandre de Belgique :     "Il lisait énormément. Il dévorait un livre par jour et relisait les ouvrages en boucle pour en mémoriser le contenu. Il avait une mémoire prodigieuse. Il avait un esprit de synthèse et un sens de l'adaptation, pour traduire un texte en mots essentiels, extraordinaires. Il écrivait magnifiquement avec une parcimonie de termes remarquable, mais il n'écrivait pas assez. "C'est toi ma mémoire" me disait-il. Il m'a appris à ôter les mots superflus. Il a enseigné cela aussi à mon fils Renaud et j'essaie de le guider encore dans ce sens. Mon fils a beaucoup souffert de la disparition de mon époux. Il était plus qu'un père pour lui : c'était son meilleur ami, son complice et son seul confident. Il l'appelait trois fois par jour. Alexandre lui avait dit qu'il l'adopterait, mais il est parti trop vite. Quant à ma fille Laetitia, elle est en poste à Rome avec mon gendre, loin d'une maison pleine de souvenirs. Mon fils rassemble ceux-ci. On a tellement peur d'oublier. Le Prix Littéraire Prince Alexandre de Belgique est là pour qu'on ne l'oublie pas. Pour que les jeunes générations sachent également qui il était, quelqu'un d'intellectuel et d'humain. Il avait un prix scientifique mais il manquait encore un prix littéraire".

La princesse est mélancolique :  "Le 18 juillet, mon mari aurait fêté ses 70 ans. Mais je pense qu'il n'aurait pas aimé cette date, un chiffre rond. Il avait peur de vieillir, de perdre ses facultés. Cela me fait mal au coeur car cela me renvoie à son 65ème anniversaire en 2007. J'avais alors eu toutes les peines du monde à le faire quitter les lieux durant quelques heures. Il avait eu très peur de ce que je manigençais et il lui avait fallu quelques heures pour apprécier le cadeau et l'hommage qui lui était ainsi fait. Ce n'est qu'à deux heures du matin qu'il m'a remerciée... Au bout d'un an ou deux de deuil, on se dit que vous allez mieux en général. Or, c'est la deuxième année qui est la plus difficile. C'est à partir de là qu'on a une réelle prise de conscience. C'est paradoxalement à ce moment-là que certains pensent que l'affaire est classée. Ce n'est pas aussi facile qu'on l'imagine car l'absence est lourde. La solitude est pesante, même si j'ai de merveilleux amis. J'ai de l'admiration pour la reine Fabiola et la princesse Lilian qui ont été remarquables de dignité dans leur deuil".

Elle évoque aussi son nouveau combat :  "On m'a demandé récemment de soutenir une association liée à la fibromyalgie. C'est une pathologie peu connue (une maladie caractérisée par un état douloureux musculaire chronique, liée aussi à un état psychologique). On découvre encore beaucoup. C'est très gai de ne pas être au bout de quelque chose. Parce que quand on est au bout, on est mort".

Le premier Prix Littéraire Prince Alexandre était consacré à l'histoire de Belgique et son organisation pratique a été assurée par le Musée des Lettres et Manuscrits de Bruxelles (dont la princesse Léa est présidente d'honneur). Le jury francophone était composé du Prix Nobel Christian de Duve, Hervé Gérard, Patrick Weber, Gérard Lhéritier, Jean-Christophe Hubert et Jacques Bredael, tandis que Mark Eyskens, Céline Préaux, Stéphanie Becco et Frieda Joris composaient le jury néerlandophone.

Fin novembre, le troisième anniversaire du décès du prince était marqué par l'ouverture de la crypte royale de Laeken au public (un "privilège" qu'il partage uniquement avec la reine Astrid, les rois Albert Ier, Léopold III et Baudouin) et la remise du Prix Littéraire Prince Alexandre de Belgique par sa veuve. Les deux lauréats sont Thomas Vanwing (KUL) pour son étude sur le baron Robert Silvercruys, ambassadeur de Belgique de 1949 à 1959 à Washington, chargé de faciliter l'entrée de notre pays au sein de l'Otan, ainsi que Freddy Joris (Institut du Patrimoine Wallon) pour son étude sur Marie Mineur, née en 1831, pionnière du féminisme et de la laïcité en Belgique.

Les projets de la princesse pour 2013 ?

En 2013, le Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre de Belgique aidera des associations s'occupant des troubles cognitifs, et son dîner annuel de bienfaisance aura lieu en mars à Spa. Le deuxième prix littéraire devrait probablement s'adresser au domaine scientifique en 2013.

Par ailleurs, des rumeurs circulent au sujet de la vente de sa belle demeure de Rhode-Saint-Genèse (on avait dit que Bernard Arnault était venu la visiter). La princesse ne dément pas :  "Ce n'est pas faux mais je n'ai pas encore choisi de lieu. Voyez ce terrain immense... Qui construit ainsi aujourd'hui? Il faut aller de l'avant, mais je ne quitterai jamais la Belgique. C'est mon pays. J'y suis née à Etterbeek et n'ai jamais vécu ailleurs" , confiait-elle en juillet dernier. Affaire à suivre...

lundi 3 décembre 2012

Activités royales en novembre 2012

11 audiences pour le Roi :  le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 3 fois), le président du Comité Militaire de l'UE Patrick de Rousiers, le président de Pologne Bronislaw Komorowski et son épouse, le président du Chili Sebastian Pinera, ainsi que les ambassadeurs de France, Japon, Roumanie, Burundi et Pakistan.

6 activités officielles pour le Roi :  commémoration de l'Armistice à la Colonne du Congrès, 125ème anniversaire du Club Royal des Officiers du Régiment des Guides, déjeuner au château de Laeken en l'honneur du président polonais, remise de décorations belges, visite du journal "Het Laatste Nieuws", inauguration du nouveau musée de l'Holocauste à Malines.

5 activités officielles pour la reine Paola :  audience avec le président de Pologne Bronislaw Komorowski et son épouse, déjeuner au château de Laeken en l'honneur du président polonais, visite d'un choeur gospel à Yvoir soutenu par la Fondation Reine Paola, remise de décorations belges, visite du journal "Het Laatste Nieuws".

0 activité officielle pour la reine Fabiola.

55 activités officielles pour le prince Philippe :  cérémonie du Last Post à Ypres, rencontre avec des témoins de la deuxième guerre mondiale, déjeuner en l'honneur du président polonais, Te Deum de la fête du Roi, réception de la fête du Roi au Parlement + 50 activités officielles au cours de la mission économique de deux semaines en Australie et Nouvelle-Zélande (session d'information de début de mission, réunion de travail avec Worley Parsons, visite de l'University House of Curtin University, cérémonie de signature de contrats, déjeuner de travail sur le thème du secteur minier, visite du Rio Tinto's Operations Centre, rencontre avec le premier ministre d'Australie occidentale, rencontre avec le gouverneur d'Australie occidentale, réception offerte par le premier ministre d'Australie occidentale, réunion de travail avec le Port Hedland Port Authority, déjeuner offert par Jan De Nul, tour en bateau des installations portuaires, visite du BHP's Nelson Point Iron One Port Activities, visite de la School of the Air, visite du Royal Flying Doctor Services, rencontre avec des entrepreneurs belges à l'aéroport, petit-déjeuner d'affaire sur le thème "The Macro-economic situation in Australia", visite de Cochlear, visite de Sofico Services Australia, lunch organisé par l'Awex, visite de Flying Bark Productions, cérémonie de signature de contrats, rencontre avec le ministre australien du Commerce, rencontre avec le gouverneur de Nouvelle Galles du Sud, réception offerte par le gouverneur à Sydney, drink avec les businessmen de la mission, rencontre avec le gouverneur général du Commonwealth d'Australie Quentin Bryce, lunch offert à Canberra par le gouverneur général du Commonwealth d'Australie, visite de l'Australian War Memorial, réunion de travail sur les commémorations de la première guerre mondiale avec le ministre australien des Vétérans, visite de l'ambassade belge à Canberra, conclusion des échanges entre universités australiennes et belges, petit-déjeuner de travail au port de Melbourne, réunion de travail avec les universités belges et l'Université de Melbourne, réunion de travail avec Carlton United Breweries and Sopura, rencontre avec le gouverneur de Victoria Alex Chernov, réunion de travail à Telstra Global Operations Center, rencontre avec le premier ministre de Victoria Ted Bailleur, rencontre avec le premier ministre de Nouvelle-Zélande John Key, rencontre avec le ministre de la Culture de Nouvelle-Zélande Christopher Finlayson, rencontre avec le leader de l'opposition en Nouvelle-Zélande David Shearer, rencontre avec le gouverneur général de Nouvelle-Zélande Jerry Matepaere, dîner offert par le gouverneur général de Nouvelle-Zélande, visite du musée maori de Nouvelle-Zélande, visite du National War Memorial en Nouvelle-Zélande, visite de l'Auckland War Memorial Museum, réunion de travail sur les commémorations de la première guerre mondiale, réception offerte par la Belgique, petit-déjeuner de travail entre le port de Zeebrugge et le port de Nouvelle-Zélande, cérémonie de signature de contrats).

12 activités officielles pour la princesse Mathilde :  ouverture du First Child and Youth Finance Regional Meeting for Europe and Central Asia, visite du Centre pour l'enfance maltraitée à Louvain, rencontre avec des témoins de la deuxième guerre mondiale, déjeuner au château de Laeken en l'honneur du président polonais, Te Deum de la fête du Roi, réception de la fête du Roi au Parlement, Semaine de la lecture à voix haute à Etterbeek, visite de "De Poolster" à Berchem-Sainte-Agathe, visite du centre de réadaptation l'Etoile Polaire à Berchem-Sainte-Agathe, rencontre avec le président de Haïti Michel Martelly, symposium européen sur l'aide aux familles, visite de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre.

5 activités officielles pour la princesse Astrid :  Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi, exposé "La découverte du vaccin de la malaria : une aventure humaine et scientifique", visite de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, remise des prix scientifiques et médicaux de la Fondation Roi Baudouin.

2 activités officielles pour le prince Lorenz :  Te Deum de la fête du Roi et réception au Parlement pour la fête du Roi.

5 activités officielles pour le prince Laurent :  vernissage à Paris de l'exposition sur les princes de Bourbon-Siciles, Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi,vernissage à Ixelles de l'exposition sur Rubert Shrive, concert pour le 180ème anniversaire de la Musique Royale des Guides.

3 activités officielles pour la princesse Claire : Te Deum de la fête du Roi, réception au Parlement pour la fête du Roi, remise des Prix Caïus de Prométhéa à l'Opéra Royal de Wallonie à Liège.

Récapitulatif des activités officielles de janvier à novembre 2012 (source : www.monarchie.be) :

Prince Philippe :  255 activités officielles

Princesse Mathilde :  180 activités officielles

Roi :  50 activités officielles + 128 audiences

Princesse Astrid :  61 activités officielles

Reine Paola :  59 activités officielles

Prince Laurent :  31 activités officielles

Princesse Claire :  28 activités officielles

Prince Lorenz :  28 activités officielles

Reine Fabiola :  22 activités officielles

Rendez-vous dans un mois pour le classement définitif de l'année 2012...

lundi 26 novembre 2012

Le combat de la princesse Astrid contre la pauvreté

Après avoir reçu en audience la sénatrice Jacinta De Roeck, présidente du Groupe de Travail Interparlementaire Quart Monde, la princesse participe au Sénat à la Journée Mondiale du refus de la misère en octobre 2001. Cette rencontre entre des représentants d'associations et des sénateurs avait pour objectif d'élaborer de nouvelles politiques efficaces de lutte contre la pauvreté.

En 2002, Astrid assiste à Huy à la clôture du 3ème forum de l'Alliance mondiale des villes contre la pauvreté (organisé par le Programme des Nations-Unies pour le développement), inaugure la "Dalle à l'honneur des victimes de la misère" devant le Parlement Européen, est présente à la réunion au Sénat du Groupe de Travail Interparlementaire Quart Monde, et lance la collecte des Marmites de Noël de l'Armée du Salut à Bruxelles.

Avant de mettre au monde son cinquième enfant, la princesse se rend sur le terrain en janvier 2003 dans les provinces de Liège et de Limbourg. Après une réunion de travail sur la pauvreté dans chacune des deux provinces, elle visite le restaurant social Klavertje 4 à Hasselt et l'asbl La Fontaine à Liège, un centre d'accueil pour sans-abris et personnes exclues.

Astrid confie à l'hebdomadaire "La Libre Match" en 2004 :  "Dans un pays comme le nôtre où il y a tant de bien-être, j'ai beaucoup de mal à admettre qu'il y ait tant de gens vivant dans une grande pauvreté. C'est sur base de cette réflexion que j'ai essayé de mieux comprendre le pourquoi de ce problème et que j'ai participé, comme sénatrice de droit, à des réunions interparlementaires. Le problème de la pauvreté est très vaste et se situe, en premier lieu, au niveau de l'emploi et du logement (électricité, chauffage, logement insalubre, ...). Nous avons heureusement, dans notre pays, plusieurs forums, aussi bien au niveau fédéral que régional, qui coordonnent les initiatives locales dans ce domaine et qui exploitent les rapports sur la pauvreté, rédigés par la Fondation Roi Baudouin".

En novembre 2004, Astrid assiste à la conférence de presse du Groupe de Travail Interparlementaire Quart Monde au Resto du Coeur de Saint-Gilles, où s'était rendu son oncle le roi Baudouin peu de temps avant son décès. Lors de la Journée Mondiale du refus de la misère 2005, elle prononce un discours au Sénat, dans lequel elle déclare :

"Permettez-moi de signaler deux groupes de populations qui méritent une attention particulière. La cohabitation multiculturelle dans notre pays est une réalité. C'est incontestablement une grande richesse, mais au même moment, un énorme défi. Des femmes, des hommes, des enfants du monde entier vivent chez nous et ont décidé de construire ici un nouvel avenir. Il nous appartient donc de structurer un réseau économique et social de telle manière qu'ils puissent bénéficier des normes minimales pour une existence humaine et digne.

La même exigence prévaut pour répondre au vieillissement croissant de la population. Les risques spécifiques de ces personnes de tomber dans la pauvreté et de devenir isolées sont réels. D'un rapport de 2004, il apparaît que 25% des personnes de plus de 65 ans possèdent un revenu inférieur au seuil de la pauvreté. Comme il s'agit ici d'un groupe spécialement vulnérable, qui en outre n'a plus la maîtrise de son destin, il n'est que juste de lui réserver une attention exceptionnelle.

La pauvreté n'est pas une fatalité. La pauvreté est un état, un accident de la vie. La pauvreté peut être secourue, avec la volonté des personnes concernées bien sûr, mais aussi grâce à un ensemble bien coordonné d'initiatives privées et publiques aux différents niveaux officiels et non officiels. Les pauvres réclament le droit d'être des individus comme les autres, et de bénéficier d'un avenir meilleur. Ils ont raison de demander à la société d'être reconnus à part entière, et de ne pas être maintenus dans l'isolement. Mendier, toujours demander de l'aide est humiliant et devient à la longue insupportable.

Aussi il est nécessaire d'écouter attentivement les pauvres avec patience et avec le respect de leur dignité. Le dialogue a des vertus que n'ont pas les sens uniques. Il est tout aussi nécessaire de collaborer avec eux, car, avec leurs expériences vécues, ils savent bien mieux que nous quelles sont les initiatives le plus susceptibles de réussir. Enregistrer des résultats rapides et spectaculaires est rarement possible, mais il n'en faut pas moins souligner que certains problèmes de grande urgence méritent une priorité absolue. Avec l'hiver à nos portes, je pense automatiquement et directement aux coûts de l'énergie de chauffage et au logement décent des moins bien nantis. D'autres actions sans doute moins aigues, cela ne veut pas dire qu'elles sont moins importantes. Ainsi il me paraît qu'un effort fondamental doit être consenti en faveur de l'alphabétisation et de l'éducation de base conçues comme levier particulièrement utile pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté.

Avec votre aide, pendant l'année qui vient, je voudrais contribuer au succès des actions qui, aux différents niveaux, seront entreprises pour réduire la pauvreté et l'exclusion sociale. Mon but est surtout de motiver et de stimuler les porteurs d'initiatives et de sensibiliser le public en faveur de la solution de problèmes qui nous concernent tous. Dans cet esprit, je désire visiter quelques provinces et la région de Bruxelles-Capitale pour apprendre sur le terrain comment les problèmes de logement social, d'éducation fondamentale et d'alphabétisation, de solitude, de place de la femme dans la société, d'accès au sport et à la culture sont concrètement traités. Une première visite est prévue dès le 8 novembre en province de Hainaut.

En concluant, je voudrais me référer à un document qui a été présenté, en avril dernier, par Mr Martin Hirsch, successeur du célèbre Abbé Pierre, au ministre français de la Santé, de la Solidarité et de la Famille. Mr Hirsch, dans son rapport, a émis une proposition remarquable : la création d'un guichet unique d'aide sociale dans les communes. Je voudrais citer quelques phrases de son texte qui ne nécessitent aucun commentaire :  "Notre société ne peut pas se payer le luxe de conjuguer pauvreté et chômage. Nous avons pris le travail comme axe privilégié pour réduire la pauvreté des familles. Au possible nous sommes tenus".  Et dans un appel de 2004, Mr Hirsch écrit enfin :  "On ne vaccine pas contre la misère. Mais on peut essayer de vacciner contre l'indifférence, contre le confort, contre l'acceptation de toutes les atteintes à la dignité humaine". Je vous remercie pour votre attention".

Dans les années qui suivent ce discours, la princesse Astrid multiplie les visites sur le terrain pour encourager les projets de lutte contre la pauvreté. Citons quelques exemples : le Resto du Coeur de Mons, le restaurant social "La Rencontre" à Bruxelles, le Centre d'Action Sociale Globale Artevelde à Gand, l'agence immobilière sociale Renovassistance, le C.P.A.S. d'Anvers, le service éducatif des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique qui permet l'ouverture aux plus défavorisés, l'asbl Lire et Ecrire à Namur, etc. En tant que sénatrice de droit, elle participe, en mars 2007, aux ateliers et à la présentation des résultats du Groupe de Travail Interparlementaire Quart Monde sur le thème "Fracture numérique, fracture sociale".

Dans le cadre de l'Année Européenne de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale en 2010, la princesse effectue plusieurs visites sur le terrain (asbl Mondial Sport à Schaerbeek, organisation Levanto à Anvers, centre 't Spoor à Borgerhout, Réseau belge de lutte contre la pauvreté à Schaerbeek, Solidarcité à Bruxelles, etc.), remet le Prix Fédéral de Lutte contre la Pauvreté, inaugure l'exposition "Dessine-moi un futur", assiste à la conférence "Enfance et Pauvreté" (organisée par le secrétaire d'Etat à l'Intégration Sociale, la Fondation Roi Baudouin, Unicef et Eurochild), à la Journée Mondiale du refus de la misère, et à la conférence de clôture de l'Année Européenne de lutte contre la pauvreté.

La princesse accorde son Haut Patronage à la section belge de l'Association Mondiale des Amis de l'Enfance et à la Fondation Pelicano. Toutes deux paient des frais médicaux, pédagogiques et scolaires d'enfants défavorisés en Belgique.

lundi 19 novembre 2012

La princesse Joséphine de Belgique (1872-1958)

                         
                                                    photo 2


1° L'enfance

Née le 18 octobre 1872 au palais de la rue de la Régence à Bruxelles, Joséphine est la fille cadette du prince Philippe et de la princesse Marie de Belgique, comte et comtesse de Flandre (plus d'infos à leur sujet :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/06/philippe-et-marie-comte-et-comtesse-de.html). Son oncle Léopold II est le deuxième roi des Belges. On lui donne le prénom de Joséphine, en souvenir de la petite fille perdue par la comtesse de Flandre deux ans plus tôt. C'était aussi le prénom de sa grand-mère maternelle, la princesse de Hohenzollern, née Joséphine de Bade (1813-1900). Joséphine grandit au palais de la Régence avec sa soeur la princesse Henriette (plus d'infos à son sujet : http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/08/la-princesse-henriette-de-belgique.html) et de ses deux frères les princes Baudouin et Albert (futur Albert Ier). L'été, ils quittent la capitale et séjournent pendant trois mois au château des Amerois, un domaine de 575 hectares dans les Ardennes.

Henriette et Joséphine reçoivent un enseignement à domicile avec leur préceptrice Miss Mac Shane issue d'une vieille famille irlandaise, Fraülein Gödde qui leur enseigne l'allemand, et Melle Simonet pour le français, l'histoire et la littérature. A cette époque, l'étude du néerlandais n'était pas encore une priorité au sein de la famille royale. Une promenade quotidienne est également à leur programme, parfois jusqu'au bois de la Cambre lorsque la météo le permet.

La comtesse de Flandre écrit à une amie :  "Le dimanche, mes enfants sont toute la journée auprès de moi. Ils dessinent, ils peignent, ils découpent des images qu'ils collent ensuite dans des albums. Cela les amuse beaucoup. Parfois s'élève entre eux une querelle mais, en général, ils vivent en parfaite concorde et s'exercent mutuellement, ce qui m'intéresse et leur profite beaucoup". Cette enfance bourgeoise et paisible sera cependant marquée par le décès du prince Baudouin en janvier 1891...

2° Le mariage

Lors des séjours dans la famille de la comtesse de Flandre en Allemagne, la princesse Joséphine se lie d'amitié avec son cousin germain le prince Charles-Antoine de Hohenzollern. Au fil du temps, leur sentiment évolue vers l'amour. Charles-Antoine était le troisième et dernier fils du prince de Hohenzollern (frère de la comtesse de Flandre). Son frère aîné Guillaume était le futur chef de la branche aînée catholique de Hohenzollern. Son autre frère Ferdinand monte sur le trône de Roumanie en 1914. Le mariage de Joséphine et Charles-Antoine a lieu le 28 mai 1894 à Bruxelles. Ils habitent ensuite le château de Namedy-sur-Andernach en Prusse rhénane à 13km au nord-ouest de Coblence.

Les avis des historiens divergent sur ce mariage. Christian Cannuyer écrit dans "Belgique est leur nom" :  "Ils se marièrent en 1894 et furent très heureux : ce qui n'eut pu sembler qu'un mariage de convenance entre deux cousins germains était en réalité un véritable mariage d'amour".  Mais Dominique Paoli ("Carlo est un véritable tyran domestique qui rend Joséphine bien malheureuse") et Christophe Vachaudez ("La vie de Joséphine est ponctuée de problèmes conjugaux et financiers") ne sont pas de cet avis. Je n'ai rien trouvé d'autre à ce sujet, donc le mystère demeure autour de cette union...

Le couple princier aura quatre enfants : la princesse Stéphanie (1895-1975), la princesse Marie-Antoinette (1896-1965), le prince Albrecht (1898-1977) et la princesse Henriette (1907-1907), ce qui leur vaudra une nombreuse descendance.

Après le décès du comte et de la comtesse de Flandre, leurs enfants se retrouvent en juin 1913 au château des Amerois. La princesse Henriette raconte :  "Ce retour aux Amerois, pauvre home délaissé et solitaire, nous étreint le coeur. Nous pleurons tous. Le contraste entre la joie de l'été passé et la tristesse actuelle est si cruel... Nous nous étions donnés rendez-vous tous les trois avec Carlo et Emmanuel, afin de dire adieu à ce cher endroit, la maison de famille qui reste indivise, entre nous, de choisir chacun un lot de souvenirs, et de décider bien des questions et affaires, toutes ces tristes obligations qui suivent les malheurs. Hélàs, Albert, l'éternel esclave de son devoir professionnel, est retenu à Laeken. Nous sentons quelque chose qui meurt en nous, en réalisant cette fin de notre vie de famille en Belgique, de ces semaines de joie et d'insouciance passées auprès d'une mère si aimée. C'est le côté triste des mariages à l'étranger, ce cauchemar de la séparation! Le moment vient où l'on quitte définitivement la vraie patrie, de laquelle on s'est déraciné avec peine. On doit pousser des racines dans le pays adopté, où sont maintenant tous les devoirs. C'est un déchirement, une fin, et Joséphine et moi nous tenons enlacées, en sanglotant. Emmanuel, aussi ému que moi, me murmure qu'il faut partir. Le douloureux sacrifice est accompli".

3° La première guerre mondiale et ses conséquences familiales

Peu avant la première guerre mondiale, l'empereur allemand Guillaume II demande à l'époux de la princesse Joséphine de rejoindre Berlin. Attaché à l'état-major, le prince Charles-Antoine de Hohenzollern devient alors un précieux informateur de son beau-frère le roi Albert Ier sur les projets militaires allemands. Il le met d'ailleurs en garde dès 1912. Lorsque la guerre éclate, les relations entre la princesse Joséphine et son frère qu'elle apprécie beaucoup, sont rompues. Elle parviendra à donner quelques nouvelles à sa soeur la princesse Henriette via des ambassades. Celle-ci écrira :  "Nous songions douloureusement au martyr moral de la pauvre Joséphine, là-bas en Allemagne, sans nouvelles, séparée de nous tous, elle si Belge, si ardente patriote... Albert et moi nous nous rappelions les beaux jours passés ensemble, comme on pense à un paradis perdu...".

Dès le début du conflit, elle ouvre une ambulance de la Croix-Rouge avec 25 lits d'hôpital dans son château de Namedy. Dans une lettre de 1914 à la duchesse Louise de Bade, Joséphine évoque le souvenir de la comtesse de Flandre ("Ma première pensée a été pour elle qui aimait tant la Belgique et était pourtant restée si allemande!") et confie :  "Les nouvelles de la Belgique me déchirent le coeur. Je suis si anxieuse pour le pauvre Albert et sa famille, et pour tant de chers et fidèles amis dont le sort m'est inconnu".  Durant les hostilités, la reine Elisabeth écrira deux lettres pleines d'affection à sa belle-soeur, mais sans faire aucune allusion aux événements militaires ("Il est tellement terrible de devoir s'écrire comme si rien ne s'était passé et qu'au fond on ne peut rien se dire..." écrit la Reine).

Une rumeur affirme qu'en 1914, le prince Charles-Antoine aurait donné une grande fête au château de Laeken et aurait logé dans la chambre de la reine Elisabeth, mais c'est faux. A ce moment-là, il était en service à la frontière polonaise, puis en Galicie. Ce n'est que bien plus tard qu'il sera envoyé d'abord au front français et belge (Douai, Noyon, Saint-Quentin, Ypres, notamment). Il écrit à son épouse Joséphine, mais cette dernière lui répond sans ambiguïté :  "Je tâche de faire ici mon devoir autant que possible et d'aider les gens où et comment je peux, mais mon coeur saigne pour mon malheureux pays et lui est resté profondément et inébranlablement attaché". On sait qu'elle a réussi à sauver Désiré Scheys-Alardo, le garde-chasse du château des Amerois, du peloton d'exécution et à lui envoyer des lettres et des colis.

Leur fils le prince Albrecht de Hohenzollern est sur le front de l'Est. Depuis 1915, le prince, âgé de 17 ans, est officier dans l'armée allemande. A la fin du conflit, il est stationné à Potsdam. Au repos à partir de décembre 1918, il s'est présenté en décembre 1919 comme volontaire pour l'Ostschutz. Il fera ensuite des études d'agronome. Entretemps, le château de Namedy est réquisitionné par des officiers américains qui fêtent joyeusement Noël 1918 alors que le prince Charles-Antoine est à l'agonie, victime d'une grippe infectieuse dégénérée en pneumonie.

La première guerre mondiale se termine, mais les puissants sentiments anti-allemands de la population belge empêche le roi Albert Ier de revoir la princesse Joséphine. En mars 1919, la princesse Henriette va rejoindre en Allemagne leur soeur cadette, veuve et ruinée.

En mai 1921, Albert et Joséphine se retrouvent en toute discrétion pendant trois jours au château des Amerois pour discuter de l'attitude de son époux durant la guerre, de ses biens belges mis sous séquestre car elle est désormais de nationalité allemande, et de la succession de la comtesse de Flandre qui n'a toujours pas été réglée. Une solution est trouvée : la faire retrouver sa nationalité belge (ce sera fait via une loi votée le 15 mai 1922). Que faire du château des Amerois? Les deux soeurs rappelent à Albert Ier que leur mère souhaitait qu'il revienne à son petit-fils le prince Charles, titré comte de Flandre comme elle. Mais le Roi refuse et les Amerois sont vendus en 1923 à la famille Solvay.

4° Vie de religieuse

Ses enfants élevés et ses relations normalisées avec la famille royale belge, la princesse choisit d'entrer dans les ordres en 1935 et de revenir vivre dans son pays natal. Ne souhaitant pas mener une vie de recluse, elle rejoint la congrégation bénédictine de Sainte-Lioba qui vient de s'installer au monastère du Coquelet à Namur.

En 1937, elle rencontre l'auteur Louis Wilmet qui prépare une biographie du prince Baudouin, et le prévient :  "Dès le début, Hitler et ses nazis étaient des canailles et ils le sont restés. On rend la vie impossible aux élèves qui veulent aller à l'école chez les religieuses en leur faisant des tracasseries de tout genre. Finalement, il n'y a presque plus d'élèves et on conclut que le pensionnat n'a plus de raison d'être et on le supprime. Les Allemands font leur Dieu de "la race" et veulent détruire la religion. Ils disent des prêtres et des religieux que ce sont des oiseaux malpropres. Le nazisme est encore plus mauvais que le communisme parce que plus hypocrite, mais en réalité ils se valent".

En juin 1939, la princesse Henriette passe quelques semaines en Belgique auprès de sa fille Geneviève au château de Modave, de la famille royale au domaine de Laeken et de sa soeur Joséphine au couvent à Namur. Ce dernier ayant été la proie des flammes en 1940, elle se réfugie à Fribourg où elle retrouve sa nièce la princesse Marie-José. Durant la guerre, les princesses Joséphine et Henriette se revoient plusieurs fois au château de Tourronde et à Locarno en Suisse. Après la fin du conflit, Joséphine rentre dans son couvent dont elle devient la prieure.

Souffrante, elle ne peut pas assister aux funérailles de sa soeur en 1948. Elle écrit à Louis Wilmet :  "C'était un si beau caractère, une intelligence ouverte à toutes les beautés, les grandeurs de ce monde! Vous l'avez bien connue et vue dans son milieu de Tourronde, entourée de tant de souvenirs ; je n'ai pas besoin de vous la décrire. Ce beau, ce cher Tourronde, qu'en fera-t-on? Cela me serre le coeur quand j'y pense".

Lors de la Question Royale, la princesse Joséphine prend résolument la défense du roi Léopold III et de la princesse Lilian. Elle n'hésite pas à écrire à son neveu le prince-régent Charles en février 1949 :  "Lors de la délivrance du pays, quand ton frère était encore prisonnier de l'ennemi, tu as dû, avec un grand dévouement, accepter de prendre sur toi momentanément la charge du pouvoir royal. Ton discours au Parlement a déclaré solennellement ton désir du retour du Roi. Depuis, tu n'as plus fait de déclaration officielle. J'ai la conviction que le moment est venu pour toi, mon cher Charles, de sortir de la réserve que tu t'es imposée, en adressant au pays un message pour lui déclarer que tu crois nécessaire, dans l'intérêt suprême de la Belgique, le retour immédiat du Roi et la fin de la Régence".

Après avoir consulté le gouvernement, le prince-régent refuse la demande de sa tante, et lui répond :  "Soyez sûre que malgré toutes les interprétations contraires, j'ai toujours voulu que mon attitude fut à la hauteur de mes responsabilités. Pour y parvenir, je n'ai pas cessé, comme vous, de penser à l'exemple et aux enseignements de mon père. Je suis convaincu d'être en étroite communion de souvenir avec lui, en restant fidèle à mon devoir constitutionnel. Dans l'exercice de ma fonction, j'ai voulu être guidé comme lui par la même règle : celle qui est inscrite dans notre charte fondamentale".

La princesse Joséphine décède en 1958. Respectant ses dernières volontés, elle n'a pas été inhumée ni dans la crypte royale de Laeken (auprès de ses parents), ni dans le mausolée des Hohenzollern (auprès de son époux), mais dans le caveau du couvent des soeurs bénédictines de Sainte-Lioba au cimetière de Belgrade près de Namur (photos de sa tombe : www.noblesseetroyautes.com/nr01/2012/10/la-sepulture-de-la-princesse-josephine-de-belgique-a-namur).



lundi 12 novembre 2012

L'action du Fonds Prince Philippe en 2011

Créé en 1998, le Fonds Prince Philippe a pour objectif d'améliorer les liens entre les trois communautés linguistiques de notre pays. Qu'a fait le Fonds au cours de l'année 2011?

- Les premiers Prix Fonds Prince Philippe (d'un montant total de 50.000 euros) ont été remis au festival multilingue bisannuel littéraire Passa Porta Festival, et aux réalisations communes du Théâtre National (Bruxelles) et du Théâtre Antigone (Kortrijk).

- 57 projets d'échanges linguistiques entre des écoles secondaires ont reçu entre 500 et 2.000 euros (montant total :  100.013 euros).

- Le Fonds Prince Philippe a soutenu la préparation d'un guide pratique pour les universités et hautes écoles désireuses d'instaurer une diplomation double, multiple ou conjointe au niveau belge ou international.

- 22 projets d'échanges linguistiques entre des élèves de l'enseignement supérieur et universitaire ont reçu une aide financière pour un montant total de 28.204 euros.

- 12.120 euros ont été répartis entre 6 projets d'échanges de matériel et pistes didactiques entre des professeurs de l'enseignement supérieur et universitaire de communautés linguistiques différentes.

- Le monde associatif n'a pas été oublié :  7 projets d'échanges entre des associations du nord et du sud du pays ont reçu une aide pour un montant total de 47.000 euros. Un exemple concret :  l'asbl Péril en la demeure a reçu 7.000 euros pour créer une fanfare multicommunautaire rassemblant trois fanfares amateurs des trois régions du pays.

- Enfin, comme chaque année en décembre, le 7ème Belgodyssée a réuni des duos bilingues de jeunes étudiants en journalisme réalisant des reportages pour la RTBF et la VRT. Sébastien De Faere et Cecilia Coppens sont les lauréats 2011.

Plus d'infos sur le Fonds Prince Philippe :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/08/le-travail-du-fonds-prince-philippe-en.html

Avis personnel :  le Fonds Prince Philippe fait du bon travail mais n'est malheureusement pas assez mis en valeur par le prince (on en revient toujours au même problème de communication du Palais...). Au cours de l'année 2011, seules deux activités publiques du prince héritier étaient liées au Fonds :  la remise des Prix Fonds Prince Philippe en juin et la remise des Prix Belgodyssée en décembre. Le prince a-t-il présidé des réunions de travail de son Fonds? Pourquoi ne s'est-il pas rendu à l'un des dizaines d'échanges linguistiques financés par le Fonds et ainsi attiré l'attention des médias? Pourquoi n'a-t-il pas assisté au concert de la fanfare multicommunautaire ayant reçu 7.000 euros du Fonds pour la créer?  Ces questions restent sans réponse. On ne peut qu'espérer une meilleure communication autour du Fonds Prince Philippe qui fêtera ses 15 ans en 2013, d'autant qu'entretenir des liens réguliers avec des jeunes étudiants ne peut qu'être intéressant pour le prince héritier. Pourquoi ne pas créer aussi un petit clip de promotion où le prince présenterait le bilan des 15 ans d'action du Fonds?

lundi 5 novembre 2012

Activités royales en octobre 2012

30 audiences pour le Roi :   le premier ministre Elio Di Rupo (reçu 4 fois), le président du parlement wallon Patrick Dupriez, le président du conseil de la communauté française Jean-Charles Luperto, le président du Voka Michel Delbaere, le président de l'Union Wallone des Entreprises Jean-François Heris, le secrétaire d'Etat à l'Environnement Melchior Wathelet, le sous-lieutenant Sven Vanhengel (Epée du Roi 2012), le nouveau gouverneur de Flandre occidentale Carl Decaluwe, le gouverneur honoraire de Flandre occidentale Paul Breyne, le président du comité militaire de l'UE Hakan Syren, le professeur François Englert, le ministre des Finances Steven Vanackere, le secrétaire d'Etat à l'Immigration Maggie De Block, le nouveau ministre des Pensions Alexander De Croo, ainsi que les ambassadeurs d'Inde, Croatie, Macédoine, Liberia, Canada, Japon, Honduras, Laos, Soudan, Sri Lanka, Kazakhstan, Burkina Faso et France.

5 activités officielles pour le Roi :  réception pour les athlètes belges ayant participé aux Jeux Olympiques et Paralympiques, visite au camp de Lagland à Arlon, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, concert d'automne au palais royal, inauguration de la 4ème Ecole Européenne de Bruxelles.

8 activités officielles pour la reine Paola :  réception pour les athlètes belges ayant participé aux Jeux Olympiques et Paralympiques, championnat européen pour les métiers manuels et techniques, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, visite de l'exposition de Constant Permeke, remise du Prix Terre d'Avenir 2012, visite de l'exposition sur Jordaens et l'Antiquité, concert d'automne au palais royal, inauguration de la 4ème Ecole Européenne de Bruxelles.

2 activités officielles pour la reine Fabiola :  concert d'automne au palais royal, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg.

35 activités officielles pour le prince Philippe :  10ème anniversaire de la Fondation Polaire Internationale, réception pour les athlètes belges ayant participé aux Jeux Olympiques et Paralympiques, visite de l'entreprise Cafés liégeois, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, visite de la Maison Intergénérationnelle d'Outremeuse à Liège, concert d'automne au palais royal, remise des 1ers Essenscia Innovation Award, 100ème anniversaire du Carnegie Hero Fund, concert à Paris pour la candidature de Liège Expo 2017  + 26 activités officielles lors de la mission économique en Turquie (cocktail d'accueil de la session informative, déjeuner de travail organisé par la FEB, visite du palais Topkapi, présentation par AGEAS de leur présence en Turquie, visite de l'exposition de Johan Tahon, déjeuner d'affaires avec l'Association des Banquiers de Turquie, accueil par le maire d'Istanbul, accueil par le gouverneur de la province d'Istanbul, cérémonie de remise de décorations, séance de signature de contrats, dîner offert par le PDG de Sabanci Holding, séminaire sur l'investissement en Belgique, rencontre avec le ministre de l'Economie, ouverture du business forum belgo-turc, dîner de travail avec des PDG d'entreprises, visite d'une usine partenaire de Tractebel, concert de La Cetra d'Orfea, réception officielle belge, cérémonie au mausolée Attatürck à Ankara, rencontre avec le président de la République, dîner offert au palais présidentiel, rencontre avec le premier ministre turc, rencontre avec le ministre des Affaires étrangères et du commerce extérieur, séminaire avec des entrepreneurs turcs, cocktaïl offert par la Chambre de Commerce Belgo-Luxembourgeoise en Turquie, dîner offert par le ministre de l'Economie).

28 activités officielles pour la princesse Mathilde :  10ème anniversaire de la Fondation Polaire Internationale, réception pour les athlètes belges ayant participé aux Jeux Olympiques et Paralympiques, visite de l'entreprise Cafés liégeois, visite de l'Internationale Design Biennale à Kortrijk Expo, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, visite de la Maison Intergénérationnelle d'Outremeuse à Liège, concert d'automne au palais royal, 30ème anniversaire de Trefpunt Zelfhulp vzw, concert à Paris pour la candidature de Liège Expo 2017  + 19 activités officielles lors de la mission économique en Turquie (cocktaïl d'accueil de la session informative, visite du palais Topkapi, visite de l'International Youth Leadership Academy, visite de l'exposition international d'architecture au Musée d'Art Moderne, lunch avec les Young Global Leaders, accueil par le maire d'Istanbul, accueil par le gouverneur de la province d'Istanbul, rencontre avec les femmes de la délégation, dîner offert par le PDG de Sabanci Holding, visite du Senior Assist Beyhkdüz Eldery Care, visite du village d'enfants Seyh Zayad Cocuk, présence au Belgian/Flemish Higher Education Networking Event, concert de La Cetra d'Orfea, réception officielle belge, cérémonie au mausolée Attatürck à Ankara, visite de l'Institut Olgunlasma, dîner avec l'organisation féminine Flying Broom, exposition des cartes de Mercator, cocktaïl offert par la Chambre de Commerce Belgo-Luxembourgeoise en Turquie).

3 activités officielles pour la princesse Astrid :  réception pour les athlètes belges ayant participé aux Jeux Olympiques et Paralympiques, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, concert d'automne au palais royal.

5 activités officielles pour le prince Lorenz :  réception pour les athlètes belges ayant participé aux Jeux Olympiques et Paralympiques, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, concert d'automne au palais royal, gala de bienfaisance de l'Ecole Espagnole d'Equitation de Vienne, assemblée générale de l'Ecole Espagnole d'Equitation de Vienne.

3 activités officielles pour le prince Laurent :  inauguration de l'exposition sur la reine Marie-José d'Italie, mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, concert d'automne au palais royal.

2 activités officielles pour la princesse Claire :  mariage du grand-duc héritier de Luxembourg, concert d'automne au palais royal.

Récapitulatif des activités officielles de janvier à octobre 2012 (source : www.monarchie.be) :

Prince Philippe :  200 activités officielles

Princesse Mathilde :  168 activités officielles

Roi :  44 activités officielles + 117 audiences

Princesse Astrid :  56 activités officielles

Reine Paola :  54 activités officielles

Prince Lorenz :  26 activités officielles

Prince Laurent :  26 activités officielles

Princesse Claire :  25 activités officielles

Reine Fabiola :  22 activités officielles

lundi 29 octobre 2012

Le rôle politique du roi Albert II en 2009

Le Roi consacre l'entièreté de son discours de Nouvel An aux conséquences de la crise financière. Il prône le développement des mécanismes de contrôle des produits financiers, l'intensification du rôle de surveillance du Fonds Monétaire International, la stimulation du commerce international, l'augmentation des projets d'infrastructure financés par la Banque Mondiale, la rénovation du système financier international, une coordination des plans de redressement des pays de la zone euro, l'accélération des efforts de recherche et de développement voulus par la stratégie de Lisbonne, le renforcement des économies d'énergie, plus d'Europe et moins de nationalisme.

En ce qui concerne la Belgique, il déclare :   "C'est l'occasion d'accélérer des réformes et de renforcer de façon significative notre économie dans un certain nombre de secteurs où nous avons déjà de sérieux atouts qui peuvent être créateurs d'emplois. Je pense, entre autres, aux opportunités dans le secteur des écotechnologies qui va connaître une forte croissance, qu'il s'agisse de la purification de l'air, de l'eau et des sols, de l'économie d'énergie, du recyclage des matériaux, etc. La logistique est un autre secteur très prometteur, compte tenu des perspectives considérables de développement de différentes formes de transport de personnes et de marchandises. Accentuons aussi davantage la valeur du rôle de Bruxelles comme capitale européenne. Je me réjouis, à ce propos, de l'initiative des organisations patronales nationale et régionales, de promouvoir la Business Route 2018 for Metropolitan Brussels. Ces atouts, et bien d'autres encore, ont été mis en évidence lors de notre visite d'Etat en Inde. Notre pays doit renforcer son effort pour atteindre les objectifs de recherche et de développement prévus dans les accords de Lisbonne. C'est ainsi que nous pourrons au mieux préparer la reconversion et la modernisation de notre économie. Je me réjouis du rôle actif de nos universités dans ce domaine, et de leur partenariat avec le secteur privé. Ces aspects furent bien visibles, eux aussi, lors de notre visite en Inde. Pour terminer, mettons par la voie des communautés de notre pays, l'accent sur l'enseignement et la formation professionnelle. C'est urgent si nous voulons tenir tête aux défis de demain".

Suite au départ de Karel De Gucht (VLD) à la Commission Européenne et aux élections régionales, le gouvernement subit quelques changements en juillet 2009 :  Annemie Turtelboom (VLD) à l'Intérieur, Yves Leterme (CD&V) aux Affaires étrangères, Michel Daerden (PS) aux Pensions et Guy Vanhengel (VLD) au Budget, p.ex.

Le 21 juillet, Albert II prononce sa traditionnelle allocution télévisée :

"En ce jour de fête nationale, mes pensées vont d'abord à tous ceux qui, à la suite de la crise économique internationale, ont perdu leur emploi. C'est une lourde épreuve pour de très nombreuses personnes et pour leurs familles. Les conséquences sociales de la crise sont énormes et réclament une réponse à différents niveaux.

L'an dernier à Noël, puis en janvier aux autorités du pays, j'ai surtout évoqué les mesures à prendre sur le plan économique, tant au niveau mondial qu'international. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de trois autres sujets en rapport avec la crise : l'éthique, l'enseignement et la formation, sans oublier l'indispensable adaptation de nos structures institutionnelles.

Il me semble qu'un premier domaine où nous devons réagir est celui de l'éthique. La crise a été en bonne partie causée par l'absence d'éthique. Dans le secteur financier, beaucoup de responsables ont succombé à la pression des marchés pour générer à court terme des marges de profits toujours plus élévées, souvent irréalistes et sans rapport avec l'économie réelle. C'est ainsi que des produits dits toxiques ont été acquis. A la pression des marchés s'est ajouté le stimulant des méthodes de rémunération complémentaire des dirigeants, les bonus. Ils étaient fonction de la réalisation de ces objectifs. Ces comportements individuels et collectifs, ainsi qu'un contrôle suffisant des intermédiaires financiers, ont provoqué une crise financière mondiale, dont l'impact sur l'économie réelle est lourd. Des millions d'emplois disparaissent de par le monde, et la crise a créé dans les pays en développement des effets disproportionnés touchant les populations les plus vulnérables.

Il me paraît donc très important de plaider pour le développement d'une éthique dans le domaine économique et financier. Celle-ci doit évidemment s'accompagner d'une mise au point de certaines règles et normes à respecter pour le contrôle des intermédiaires et des produits financiers. Ces contrôles devront non seulement être renforcés, mais aussi internationalisés. La nécessité de normes s'applique aussi à l'ensemble de la rémunération des dirigeants. Rappelons-nous que la finance doit être au service de l'économie et celle-ci au service de l'homme. Il importe de revenir à ces notions de base. Les institutions et les intermédiaires financiers sont là pour collecter l'épargne, et pour prêter ces moyens au développement de projets productifs. Au-delà du secteur financier, nous pouvons aussi nous interroger sur le caractère de plus en plus matérialiste de nos sociétés et sur la nécessité d'accorder plus de place aux valeurs familiales, à celles de la convivialité, de la solidarité et du respect de l'autre. Je constate de grandes attentes chez les jeunes à ce propos.

Je voudrais évoquer ensuite un second sujet toujours en relation avec la crise économique. Il s'agit du besoin d'un enseignement de qualité et d'une formation professionnelle plus adéquate. Ayons à l'esprit que le monde change en permanence. De nombreux efforts sont entrepris sur le plan national et international pour encourager les technologies nouvelles et des méthodes de production propres, innovantes, économes en énergie et peu productrices de CO2. Ces domaines d'activité seront de plus en plus parmi les moteurs économiques de demain.

Graduellement, le monde se mobilise pour relancer l'économie, pour favoriser le développement de technologies plus respectueuses de l'environnement et pour économiser l'énergie. Aussi, nous devons entreprendre dans nos communautés et nos régions un effort spécial pour assurer un enseignement de qualité et cette formation professionnelle plus adaptée dont je viens de parler. C'est ainsi que nous encouragerons au mieux nos habitants à participer pleinement à la reprise économique prochaine et aux changements qu'elle apportera. Demain, notre économie aura besoin de beaucoup de talents diversifiés. D'où la nécessité de formation permanente que ce soit dans le domaine technique, des sciences, des langues, de l'informatique ou dans d'autres secteurs.

Enfin, pour faire face à la crise en Belgique, je pense que nous devons aussi mettre de l'ordre dans nos structures institutionnelles. Accordons-nous sur une réforme de l'Etat qui assure à la fois une plus grande responsabilité aux entités fédérées, une indispensable solidarité et un pouvoir fédéral efficace disposant des moyens nécessaires dans les domaines qui restent les siens. Cela nous permettra de mieux affronter les défis futurs. Ces deux prochaines années, l'éthique, l'économie, l'enseignement et les réformes institutionnelles seront des domaines qui requerront toute notre attention. Mais ils représentent pour notre pays une chance de nous maintenir dans le peloton des pays industrialisés. Saisissons pleinement ces opportunités".

Dans la soirée du 16 novembre, le roi Albert s'incline devant la dépouille mortelle du comte Pierre Harmel, le plus ancien ministre d'Etat, décédé la veille à l'âge de 98 ans. Au cours de sa longue carrière, il a été, entre autres, député, ministre de la Justice, de la Culture et de la Fonction Publique, président du PSC, éphémère premier ministre, etc. On retient surtout son passage au ministère des Affaires étrangères où, en pleine guerre froide, il plaida (y compris à l'Otan) pour plus de dialogue entre l'Ouest et l'Est. Pierre Harmel était également membre de l'Académie Royale de Belgique.

Dès le lendemain de la désignation du premier ministre Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil Européen, Albert II reçoit en audience les présidents des cinq partis formant le gouvernement fédéral et charge à nouveau le ministre d'Etat Wilfried Martens de faciliter la transition. Sa mission aboutit cinq jours plus tard au retour d'Yves Leterme au poste de premier ministre, secondé par le ministre d'Etat Jean-Luc Dehaene pour trouver une solution au délicat dossier de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Fin 2009, le Roi nomme six nouveaux Ministres d'Etat :   Frank Vandenbroucke (SPA), Jos Chabert (CD&V), Armand De Decker (MR), Melchior Wathelet senior (CDH), André Flahaut (PS) et Karel Poma (VLD).

Dans son discours de Noël 2009, Albert déclare :

"En cette période de fin d'année, mes pensées vont à nouveau vers les nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi, et vers leurs familles. Je comprends leur désarroi. Le gouvernement fédéral, les gouvernements régionaux et les partenaires sociaux s'efforcent de limiter l'impact de la crise économique sur l'emploi. Je les en remercie et les encourage à poursuivre leur action avec détermination.

Malgré cette situation préoccupante, il se présente aussi des événements positifs pour notre pays. Ainsi, je tiens à saluer la magnifique désignation de Mr Herman Van Rompuy comme tout premier président du Conseil Européen. C'est un grand honneur pour lui comme pour notre pays, et une garantie de progrès pour l'Europe. J'y reviendrai plus tard.

Avant cela, j'aimerais rappeler qu'en octobre dernier, nos concitoyens et beaucoup de personnes dans le monde ont vécu une grande joie :  l'hommage universel rendu à Joseph De Veuster, mieux connu sous le nom de père Damien. Chez nous, son rayonnement dépasse les clivages philosophiques et communautaires, comme en témoigne sa popularité aussi bien au nord qu'au sud. C'est rare, mais Joseph De Veuster peut assurément être appelé "un prophète dans son pays". Cette appréciation unanime prouve que des valeurs, telles que la solidarité et le respect de la dignité humaine, auxquelles le père Damien donna une forme aussi unique, sont toujours tenues en haute estime par les Belges. S'engager comme il l'a fait sur le chemin de la solidarité radicale jusqu'à l'extrême suscite pour Damien une affection universelle, aujourd'hui encore.

Comme le disait le président Obama dans un message aux Belges, et je cite :  "Je tiens à exprimer ma profonde admiration pour la vie du père Damien De Veuster. Je tiens à transmettre mes meilleurs voeux au royaume de Belgique et aux Belges qui peuvent être fiers de compter le père Damien parmi leurs héros".  (fin de citation). Mais Damien n'est pas seulement une personnalité héroïque. Son exemple doit nous inspirer aujourd'hui à plus de solidarité, en particulier avec les plus vulnérables de notre société.

Il y a aussi un second sujet que je voudrais aborder avec vous :  il s'agit de l'important progrès qui vient d'être réalisé en matière de construction européenne. En effet, le traité de Lisbonne a récemment été ratifié par l'ensemble des 27 pays membres de l'Union Européenne. Cela marque l'aboutissement d'un long processus difficile, entamé il y a plus de huit ans avec la déclaration de Laeken de 2001. Cette ratification du traité de Lisbonne est importante car elle annonce le début d'une nouvelle étape dans la construction européenne. En effet, elle va améliorer considérablement la prise de décision dans l'Union. Dans de nombreux domaines, les Etats membres ont renoncé à leur droit de veto. Cela permettra de prendre des décisions à la majorité qualifiée sur une multitude de sujets. Par ailleurs, l'Europe a désigné son premier président, notre compatriote Herman Van Rompuy, et elle a choisi son haut représentant pour les Affaires étrangères, lady Ashton. Enfin, le rôle du Parlement Européen a été accru et une nouvelle Commission sera mise en place.

Cette progression importante doit permettre à l'Europe d'être plus efficace encore sur le plan intérieur, et de mieux jouer son rôle dans les grands dossiers internationaux tels que le climat, les négociations économiques et financières internationales, la coopération au développement et la paix dans le monde. Elle illustre aussi la force et la dynamique du projet européen, qui écarte les obstacles avec patience et détermination. Je voudrais féliciter à cette occasion tous nos responsables politiques qui ont contribué successivement et de façon exemplaire à ce progrès.

Celui-ci doit aussi servir d'exemple à notre propre pays. Ici également, la diversité et les divergences de vue entre groupes de population rendent la cohésion parfois plus difficile. Mais nous devons, pour le bien-être de nos concitoyens, surmonter les obstacles avec créativité, confiance et détermination. C'est à cette condition que nous pourrons continuer à jouer le rôle constructif qui est le nôtre en Europe. En effet, nous manquerions de crédibilité pour suggérer le dépassement des divergences entre les Etats membres si nous ne parvenons pas à le faire au sein de notre propre pays".

lundi 22 octobre 2012

Le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale


                                                                        

La reine Fabiola était très sensible aux personnes handicapées et avait créé en 1967 la Fondation Nationale Reine Fabiola pour la Santé Mentale. Cette fondation a été remplacée en 2004 par un plus modeste Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale qui est géré par la Fondation Roi Baudouin. Mais celui-ci n'est malheureusement pas très connu car la souveraine n'assiste à aucune de ses activités... Au sein de la famille royale, c'est aujourd'hui la princesse Astrid qui a repris ce combat en faveur des personnes handicapées :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/05/le-combat-dastrid-pour-les-handicapes.html

Que fait le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale?

S'inspirant de l'ouvrage "Au plus près des gens", le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale a consacré le cycle 2007-2009 au thème Travail et Santé Mentale. L'objectif était de soutenir financièrement des projets qui aident des personnes souffrant de problèmes psychiques à se sentir de nouveau bien dans leur travail. En 2008, dix projets ont reçu une aide de 5.000 euros (montant total : 50.000 euros). Deux exemples concrets :  l'asbl Baken de Sint-Amandsberg qui offre un soutien aux personnes souffrant de troubles du spectre autistique afin de les intégrer dans le circuit normal du travail, et l'asbl Hand in Hand de Gent qui propose un travail thérapeutique sur mesure aux personnes souffrant de problèmes psychosociaux au sein de l'atelier de menuiserie.

En 2011, le Fonds Reine Fabiola pour la Santé Mentale et le Fonds Julie Renson (tous deux gérés par la Fondation Roi Baudouin) ont mis en place un programme commun d'activités :  enquête auprès des patients et des assistants proches sur les services de première ligne ; séminaire le 10 juin sur les idées pour améliorer l'offre de soins de santé mentale de première ligne ; séminaire le 15 septembre sur le rôle du médecin généraliste dans les soins de santé mentale de première ligne ; séminaire le 17 novembre sur la place des soins psychiatriques à domicile de première ligne ; rencontre d'une journée entre 12 personnes souffrant d'un trouble psychique sur leur expérience sur le marché du travail.

Il est cependant dommage qu'aucun membre de la famille royale ne semble s'intéresser aux activités de ce fonds...

mercredi 17 octobre 2012

Le prince Laurent de Belgique

Troisième dans l'ordre de succession au trône à sa naissance, le prince Laurent, Benoît, Baudouin, Marie de Belgique est né le 19 octobre 1963 au château du Belvédère. Il a les yeux bleus et les cheveux châtains. Le choix du prénom surprend tous les observateurs qui en ont déduit une volonté d'indépendance de la princesse Paola par rapport aux traditions et au protocole de la Cour. Le parrain du petit garçon est Bettino Ricasoli, époux de Laura Ruffo di Calabria et beau-frère d'Albert et Paola. Sa marraine est la princesse Sophie de Bavière, lointaine cousine de la famille royale. On remarquera que les princes de Liège n'ont choisi ni le roi Baudouin, ni la reine Fabiola comme parrain et marraine de leurs enfants...

Comme son frère Philippe, Laurent effectue ses études primaires en français au Collège Saint-Michel d'Etterbeek, où il sera un élève turbulent et assez médiocre. Ensuite, il séjourne deux ans en internat à l'école abbatiale de Loppem en Flandre occidentale, mais ses connaissances insuffisantes du néerlandais lui posent beaucoup de problèmes. De plus, il ne s'y plaisait pas et a fait une fugue avant d'être retrouvé par la police sur la E40. A la même époque, ses parents sont en pleine crise conjugale.

En septembre 1977, le prince entre au Collège Pie X d'Anvers. A 14 ans, il y recommence pour la troisième fois sa première année secondaire. Durant la semaine, il loge dans une famille d'accueil anversoise et retourne le week-end au Belvédère. A la fin de trois années difficiles, Laurent obtient - enfin - son diplôme de l'enseignement secondaire inférieur en 1980 à quelques mois de ses 17 ans.

Le prince passe ensuite l'année scolaire 1980-1981 à l'Ecole Royale des Cadets à Laeken, mais son niveau en mathématique était trop faible pour rester dans cet établissement. Son père le prince Albert décide alors de lui faire suivre pendant deux ans des cours privés au château du Belvédère avec le professeur Rudy Bogaerts. Cet enseignement personnalisé porte ses fruits : il obtient son diplôme de l'enseignement secondaire devant le jury central en juin 1983.

En septembre 1983, le prince Laurent entre à l'Ecole Royale Militaire dans la 123ème promotion toutes armes. Il y reste une année. A cette époque, suite à une dispute avec ses parents, il quitte le Belvédère et s'installe au château de Laeken avec le roi Baudouin et la reine Fabiola. Après l'Ecole Royale Militaire, Laurent entame à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve des études de vétérinaire qu'il abandonne ensuite. Cet amour des animaux l'avait déjà poussé à demander à sa mère un stage chez un vétérinaire comme cadeau pour son dix-huitième anniversaire.

Comme son grand-oncle le prince Charles et son père le prince Albert, Laurent choisit (ou est obligé par le Palais?) d'entrer à la force navale belge. En septembre 1985, il est nommé enseigne de deuxième classe, c'est-à-dire officier en formation. Il prête serment en tant qu'officier le 30 octobre suivant.

D'avril à juin 1988, il commence une spécialisation pour devenir pilote d'hélicoptère avec 40h de vol à son actif. Il entame également une formation de plongeur. A l'occasion du Jour de la Marine à Bruges, le prince Albert remet le 20 juillet 1989 l'insigne de plongeur à son fils cadet. En 1989-1990, il preste 90h de vol supplémentaires. Le roi Baudouin lui épingle ses ailes de pilote d'hélicoptère le 20 mars 1990.

En 1991, la Chambre et le Sénat votent un projet de loi abolissant la loi salique dans l'ordre de succession au trône. Le prince Laurent se retrouve dernier de la liste, derrière sa soeur la princesse Astrid, ses neveux et nièces. Deux hypothèses s'affrontent :  soit les institutions européennes ont fait pression sur le Palais pour supprimer cette inégalité, soit le roi Baudouin a souhaité reléguer son turbulent neveu le plus loin du trône au profit de la sage princesse Astrid. Le prince Laurent est persuadé de cette deuxième hypothèse, et n'a pas caché son amertume et sa déception.

Au début des années 90, le prince Laurent quitte Laeken pour emménager quelques temps chez la famille Solvay à La Hulpe. Il termine sa formation par plusieurs stages à l'étranger : dans l'entreprise américaine Battelle Memorial Institut (qui aide les entreprises menaçant d'enfreindre la législation environnementale), à l'université californienne de Berkeley, à la Banque Mondiale, au Fonds Monétaire International, etc. Cette série de stages se clôture en 1993 à Bruxelles à la Commission Européenne.

Suite à l'accession au trône d'Albert II en 1993, le prince Laurent reçoit l'Ordre de Léopold et sort de l'ombre, car il est maintenant le fils du Roi. Alors que la reine Fabiola n'avait désormais plus d'influence sur la vie du Palais, il est certain que la reine Paola a fortement insisté auprès de son époux pour que leur fils cadet reçoive des responsabilités lui permettant de s'épanouir. Tous deux très sensibles, Paola et Laurent partagent un certain anticonformisme, une volonté d'indépendance vis-à-vis de la Cour, un caractère rebelle, l'amour de la nature, des animaux et de l'Italie.

A l'occasion de ses 30 ans en octobre 1993, Laurent est le premier enfant du nouveau couple royal à répondre à des interviews pour la presse belge avec qui il entretiendra de bonnes relations pendant une dizaine d'années. Il s'installe avec ses chiens dans une maison construite pour lui par la Donation Royale à Tervuren. Le 11 juillet 1994, le prince devient le président du tout nouvel Institut Royal pour la Gestion Durable des Ressources Naturelles et la Promotion des Technologies Propres (IRGT) et entame son combat en faveur de l'environnement (plus d'infos à ce sujet :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2012/08/le-prince-laurent-et-lenvironnement.html).

Suite au génocide rwandais, le prince Laurent se rend en août 1994 dans les camps de réfugiés de Goma et déclare à son retour à la presse :   "J'ai été très surpris par les efforts des organisations humanitaires. J'espère, par mon voyage, sensibiliser la population belge à susciter une entraide plus dense pour le Rwanda. C'est un désastre. J'ai été impressionné par le désarroi des Rwandais et des Zaïrois. Les organisations humanitaires font un travail extraordinaire, il faut les encourager".

A l'automne 1994, le prince Laurent reçoit Yves Goux de l'hebdomadaire "Ciné-Télé-Revue" pour un entretien qui ne passe pas inaperçu. Sur la chasse :   "Mon devoir de réserve ne m'autorise pas à participer à une manifestation contre la chasse. Mais le fait est que je n'aime pas les chasseurs. On n'a pas le droit de retirer une vie qui ne nous appartient pas. Je ne comprends pas pourquoi quelqu'un tire sur des animaux, alors qu'il pourrait apprendre en se contentant de les observer".

Sur la religion :  "Le pêché est une culpabilité imposée. Dans la religion catholique, cette notion est très forte. Ce n'est jamais une bonne chose lorsqu'il y a imposition d'une idée. Je déteste les procès d'intention et je penche surtout pour le fait d'être toujours honnête avec soi-même. La religion est utile et je suis profondément croyant. A mes yeux, les Ecritures sont un livre de vie. Mais je ne trouve pas bien que certains les utilisent en guise de justification ou de protection. Je me sens moins engagé que d'autres dans le domaine de la religion mais j'y réfléchis cependant tous les jours".  Contrairement à tous les membres de la famille royale, Laurent n'assiste pas à la béatification du père Damien par le pape Jean-Paul II...

Proche de la famille princière de Bourbon-Siciles, le prince Laurent a été fait en 1994 à Rome chevalier de l'Ordre constantinien de Saint-Georges. Il est aussi le parrain de la princesse Maria Carolina, fille du prince Charles de Bourbon-Siciles, duc de Calabre, et de Camilla Crociani avec qui il passe souvent des vacances en Sardaigne.

En compagnie du Docteur Jean Bastien (le vétérinaire chez qui il avait fait un stage pour ses 18 ans), il annonce fièrement en 1995 la création de la Fondation Prince Laurent pour le bien-être des animaux sauvages et domestiques. Son activité la plus connue est la gestion de ses quatre dispensaires pour animaux, situés dans le quartier des Marolles (Bruxelles), à Seraing, à Anvers et à Boussu (un cinquième dispensaire devrait bientôt voir le jour à Gand). En échange d'une cotisation annuelle de 5 euros, les personnes défavorisées peuvent y faire soigner leur animal gratuitement. Le deuxième pilier de la Fondation est la Plate-forme belge des méthodes alternatives à l'expérimentation animale. Enfin, la Fondation mène aussi des actions de sensibilisation pour le bien-être des chevaux, des poneys et des ânes, et offre des bourses à des associations de défense des animaux.

En 1996, le prince Laurent sort un livre intitulé "Suivez le chien dans l'art et la ville", fruit de plusieurs années de recherches et de promenades. Dans le domaine culturel, il a accepté la présidence d'honneur de l'Orchestre National de Belgique.

L'hospitalisation du fils cadet des souverains en janvier 1999 fait les gros titres des journaux. Toutes ses activités officielles avaient été annulées en raison d'une "mauvaise grippe". Le 22, on apprend que Laurent avait séjourné à la Clinique La Ramée à Uccle, spécialisée dans le traitement des dépressions nerveuses. Le prince confie :  "C'est vrai, j'ai eu un coup dur. J'ai eu une surcharge de travail considérable, mon calendrier est trop lourd. Il fallait faire quelque chose. J'ai donc décidé de suivre une cure de sommeil".  La reine Paola y est venue lui rendre visite. Suite à cette hospitalisation, plusieurs rumeurs ont circulé : certains évoquaient une rupture sentimentale, d'autres une mésentente avec la famille royale.

Le prince Laurent est, depuis 1999, le parrain d'une nouvelle orchidée papillon qui porte son prénom. Elle est le résultat de 2.000 croisements opérés par Jean Van Haute, un horticulteur gantois. En avril 2000, il a été intronisé grand maître honorifique de la Société des Compagnons de Saint-Laurent, célèbre pour sa fête annuelle du Meyboom. Le 31 mai 2000, le prince rejoint son frère et sa soeur sur les bancs de la Haute Assemblée. Après avoir prêté serment comme sénateur de droit, il prononce un plaidoyer en faveur de l'environnement.

Après avoir reçu l'accord du gouvernement fédéral, le Roi et la Reine annoncent, le 19 décembre 2002, les fiançailles de leur fils cadet et de Claire Coombs qui apparaissait à ses côtés en public depuis un an (plus d'infos sur la princesse Claire :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2010/01/les-36-ans-de-la-princesse-claire-de.html). Le 12 avril 2003, les fiancés s'unissent civilement à l'hôtel de ville de Bruxelles. Le mariage religieux se déroule à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule et est marquée par la méditation du prêtre français Guy Gilbert, ami personnel du prince (plus d'infos sur le mariage :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/04/le-mariage-du-prince-laurent-et-de-la.html). Le couple aura trois enfants :  la princesse Louise, les princes Nicolas et Aymeric.

En 2006, le prince Laurent crée une nouvelle fondation privée, dont il est administrateur et président du conseil d'administration :  Global Renewable Energy and Conservation Trust (GRECT). Son siège se trouve à la Maison des Energies Renouvelables (rue d'Arlon, 63-65 à Bruxelles), inaugurée en mars 2006 par le prince, le premier ministre Guy Verhofstadt et le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. L'immeuble appartient à la société Cerbux Invest. C'est une vitrine de toute la technologie la plus pointue en matière d'efficacité énergétique. Elle est financée par l'Etat fédéral et l'European Renewable Energy Council (EREC) et est visible sur simple demande.

Grâce à la détermination de la Fondation Prince Laurent depuis 2002, la charte du bien-être des animaux de ferme voit le jour le 20 septembre 2006 lors d'une cérémonie officielle de signature dans les serres royales de Laeken, en présence du prince, de plusieurs ministres, de représentants de la Fédération Nationale du Commerce de Bétail et de la Viande, du Conseil National de la Protection Animale, du Boerenbond, de la Fédération Belge des Entreprises de Distribution, de Gaia, etc. C'est l'aboutissement d'un long travail de réflexion suite à la révélation par la presse de cas de maltraitance dans les abattoirs de Ciney et d'Anderlecht. Le 1er décembre 2006, le prince Laurent et la princesse Astrid, sénateurs de droit, assistent à la séance organisée pour le 20ème anniversaire de la loi relative à la protection et au bien-être des animaux, votée à l'initiative de Roland Gillet, sénateur honoraire et actuel administrateur de la Fondation Prince Laurent.

Un énorme scandale financier éclabousse le prince Laurent en décembre 2006 lorsque les médias révèlent l'ouverture le 8 janvier 2007 d'un procès devant le tribunal correctionnel d'Hasselt impliquant quinze personnes (des entrepreneurs limbourgeois et des officiers de marine, dont le colonel Noël Vaessen, ancien conseiller de Laurent) accusées de faux en écriture, détournement de fonds public, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption. Parmi les 2 millions d'euros détournés des comptes de la Marine, 175.000 euros concernent du mobilier destiné à la Villa Clémentine et à la Fondation Prince Laurent. Les inculpés demandent au juge de faire citer le fils cadet des souverains comme témoin, faisant remarquer qu'il n'a pas été interrogé par les enquêteurs. Deux questions se posent : était-il au courant des "arrangements financiers" de son conseiller? A-t-il été protégé par la justice? Pendant ce temps, Noël Vaessen raconte à la presse plein de ragots invérifiables sur les goûts de luxe et la vie sentimentale du prince célibataire, et explique que lors de son installation à Tervuren, Laurent n'avait pas de dotation et recevait trop peu d'argent de ses parents pour meubler sa nouvelle maison. Le journaliste Pascal Vrebos, qui a été reçu en 1994 à la Villa Clémentine, confirme :  "Il y avait des pièces qui étaient encore tout à fait vides et l'intérieur dans lequel nous avons fait l'interview était vraiment tout ce qu'il y a de plus normal".

Dans son discours de Noël 2006, le Roi déclare :  "Il est souvent question ces temps-ci d'abus de biens sociaux et de ressources publiques. Je voudrais faire deux remarques à ce sujet. Aucune personne n'est au-dessus de la loi et la justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance. Lorsque la justice établit des détournements, il me semble équitable que la réparation concerne tous ceux qui en ont tiré avantage".  Albert II passe ensuite des paroles aux actes en signant l'arrêté royal rédigé par la Ministre de la Justice permettant la comparution de son fils cadet. Entretemps, les républicains et séparatistes en profitent pour réclamer la suppression de la dotation du prince, des subsides de l'IRGT et même des pouvoirs du souverain. Par contre, Laurent est défendu publiquement par son ami le père Guy Gilbert et son ancien précepteur Rudy Bogaerts.

Le procès commence le 8 janvier 2007. Le procureur du Roi d'Hasselt demande à la police de procéder le soir même à l'audition du prince, ce qui aurait dû normalement être fait durant l'enquête. Dans le procès-verbal rendu public par la presse, Laurent déclare :  "Mon père, le Roi, et la Cour ont désigné vers 1993 un officier, Noël Vaessen, comme mon conseiller. Son devoir, c'était de me conseiller, être intendant et la gestion de mes besoins. Monsieur Vaessen a constaté que le bâtiment n'était pas meublé et il voulait trouver une solution pour moi. Moi-même, j'avais insuffisamment de moyens pour avoir une vie convenable dans cette habitation. Quand cet homme de confiance qui m'était désigné par le Palais et en qui j'avais totalement confiance me disait que la Marine prenait la charge des coûts pour la rénovation de l'habitation, avenue Jezus Eik 166 à Tervuren, je n'avais aucune raison de douter de la légitimité de cette façon de travailler. Je dois ajouter qu'à cette période, personne ne se posait de questions quant à la fiabilité de Noël Vaessen".

Le lendemain, Laurent devient le premier membre de la famille royale à être entendu comme témoin dans un procès. Attendu par une meute de journalistes, il arrive à bord d'une Smart au palais de justice d'Hasselt. Le prince répète en néerlandais au tribunal ce qu'il a dit la veille aux policiers. Il est défendu par Maître Fred Erdman. Même si Laurent n'a pas été inculpé, la Liste Civile du Roi rembourse, quelques semaines plus tard, les 175.000 euros à la Marine. L'affaire est close, mais elle a terni l'image du prince autrefois si populaire, et fragilisé la monarchie.

Suite à ce procès, le ministre flamand de l'Environnement Kris Peeters demande à la Cour des Comptes un rapport sur la gestion de l'IRGT qui reçoit chaque année 170.000 euros du gouvernement flamand pour des projets environnementaux. En mars 2007, la Cour des Comptes rend son rapport :  elle n'a trouvé aucune irrégularité dans les comptes de l'IRGT, y compris dans les notes de frais du prince. Elle estime cependant que le volet financier doit à l'avenir répondre à une plus grande exigence de transparence. Sous l'impulsion de la Flandre, les trois régions décident de diminuer leur participation financière. De 400.000 euros, l'IRGT ne bénéficie plus que de 140.000 euros d'argent public à partir de 2008, ce qui entraîne des restrictions de personnel. Par ailleurs, des membres du conseil d'administration craignent un conflit d'intérêts entre l'IRGT et la GRECT, tous deux présidés par le prince Laurent. Le vicomte Etienne Davignon, l'un des administrateurs de la GRECT, conteste cette analyse et se dit garant de l'orthodoxie du montage. Le 31 août 2007, Jacques Wirtgen, général de brigade et ingénieur civil issu de la faculté polytechnique de l'Ecole Royale Militaire, quitte ses fonctions de directeur de l'IRGT qu'il occupait depuis 2000.

Des turbulences apparaissent aussi au sein de la Fondation Prince Laurent. En décembre 2008, l'administrateur-délégué Jean Bastien et quatre administrateurs (Michel Isralson, Erik Mondron, Claudine Titeca et Claude Van der Cruys) démissionnent suite à un désaccord avec le prince. Suite au procès d'Hasselt, le Docteur Bastien, soutenu par le conseil d'administration, voulait rembourser les 25.000 euros reçus par la Fondation de la Marine, mais Laurent n'était pas d'accord. Le versement ayant eu lieu, le prince et le vétérinaire ne se parlaient plus, et la Fondation tournait au ralenti. C'est désormais Jean-Jacques Van de Berg qui est le nouvel administrateur-délégué de la Fondation.

Très intéressé par la mode, le couple princier donne un coup de pouce au jeune styliste belge Bernard Depoorter en 2009. Ce dernier confie aux quotidiens du groupe Sud Presse :  "Un jour, j'ai reçu un appel du prince Laurent. Il avait entendu parler de mon travail et savait que je lançais ma propre entreprise. Il m'a proposé ni plus ni moins de faire tout ce qu'il pouvait pour m'aider. J'avoue que je ne savais pas trop quoi penser après ce coup de fil. Alors j'ai attendu...et le prince Laurent a tenu parole. Il m'a donné un vrai coup de pouce. Lorsque j'ai présenté mon défilé en mars, il m'en a offert l'écrin : sa Maison des Energies Renouvelables. Il a invité des gens de son entourage : presse, noblesse, p.ex. A mes yeux, il a une forte personnalité. Quand il a dit qu'il va faire quelque chose, il le fait. Sans le moindre doute, le prince est passionné par l'art. Il adore cet univers et assiste à de très nombreux défilés :  Chine, Natan, p.ex. Je crois qu'il aime cette ambiance et qu'il aime le stylisme. Il a souvent émis son avis sur mon travail et commente de nombreux détails. Il s'intéresse à ce que va porter son épouse la princesse Claire. Elle, je rêve de l'habiller, car c'est une belle femme au maintien royal et j'imagine très bien ce qui pourrait lui convenir dans mes créations. Elle est très élégante et peut tout se permettre. D'autant qu'elle n'hésite pas à se lâcher sur le plan vestimentaire pour des soirées privées".   Son souhait sera exhaussé car la princesse Claire portera une robe de Bernard Depoorter lors de la fête nationale 2010.

Entretemps, en septembre 2009, le conseil d'administration de l'IRGT (créé en 1994 et présidé par le prince) décide de dissoudre l'Institut qui éprouvait des difficultés financières suite à la réduction des subsides octroyés par les trois régions et à sa condamnation à payer des indemnités de licenciement à son ancien directeur Jacques Wirtgen.

Le prince Laurent crée la polémique en se rendant au Congo en 2011 malgré l'avis défavorable du Palais et du gouvernement fédéral. Le premier ministre Yves Leterme annonce que s'il se rend à nouveau à l'étranger sans son accord, il perdra sa dotation. Le Palais ne l'invite plus pendant plusieurs mois aux cérémonies de la Cour (dont la fête nationale 2011). Le prince a réduit ses activités officielles :  30 activités officielles en 2009, 40 activités officielles en 2010 et 31 activités officielles en 2011. Mais certains, comme le philosophe Corentin de Salle, pense qu'aux côtés des autres membres plus lisses de la famille royale belge,  "Laurent est - peut-être à son insu - une pièce essentielle du dispositif monarchique" (voir l'entièreté de son opinion :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2011/12/opinion-de-corentin-de-salle-sur-le.html). Une nouvelle biographie du prince rebelle par Mario Danneels vient de sortir en français et en néerlandais.